Les effets du châtiment corporel

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Le châtiment corporel est un acte punitif qui inflige de la douleur. Il s’agit notamment de frapper, de gifler, de donner une fessée ou de forcer un enfant à maintenir une position inconfortable. La plupart des enfants ont déjà reçu une fessée. Le recours aux châtiments corporels diminue lorsque les enfants atteignent l’adolescence.

Opposition
Préquemment, une punition a plus à voir avec le niveau de frustration d’un parent qu’avec le mauvais comportement de l’enfant. De nombreux cas de maltraitance d’enfants résultent d’une escalade de ce qui n’est au départ qu’un  » faible niveau  » de coups ou de fessées. La plupart des organismes de protection de l’enfance ont des politiques s’opposant à l’utilisation des châtiments corporels. De nombreux défenseurs des enfants s’opposent aux châtiments corporels en raison de l’atteinte à la dignité de l’enfant. D’autres s’y opposent parce qu’il est injuste qu’un adulte utilise la force physique sur un enfant beaucoup plus petit. Pour d’autres encore, il s’agit d’une question de justice. S’il nous est légalement interdit de frapper d’autres adultes, pourquoi est-il acceptable de frapper un enfant ? La recherche indique qu’il y a plus de raisons de s’opposer à l’utilisation des châtiments corporels et de soutenir des méthodes disciplinaires alternatives.

La fessée fonctionne-t-elle ?
Les études indiquent que les châtiments physiques produisent temporairement les résultats souhaités. Mais à long terme, non seulement la fessée ne fonctionne pas, mais elle entraîne de nombreux effets négatifs. L’utilisation à long terme des châtiments corporels tend à augmenter la probabilité de comportements déviants et antisociaux, tels que l’agressivité, la délinquance adolescente et les actes violents à l’intérieur et à l’extérieur de la famille à l’âge adulte. L’une des explications est qu’après avoir vécu avec une violence considérée comme « légitime », les gens élargissent celle-ci pour accepter une violence qui ne l’est pas. Par exemple, les actes violents considérés comme légitimes consistent à maintenir l’ordre dans les écoles en punissant les enfants, à dissuader les criminels et à défendre son pays contre les ennemis étrangers. Selon la théorie du « débordement culturel », plus une société utilise la force à des fins socialement légitimes, plus les personnes qui adoptent des comportements illégitimes ont tendance à utiliser la force pour parvenir à leurs propres fins. Les châtiments corporels ont été associés à une variété de troubles psychologiques et comportementaux chez les enfants et les adultes, notamment l’anxiété, l’abus d’alcool, la dépression, le repli sur soi, la faible estime de soi, l’impulsivité, la délinquance et la toxicomanie.

Le climat émotionnel
Il semble que les châtiments physiques légers auront un certain effet sur l’agressivité et la délinquance si la punition est administrée dans une atmosphère de chaleur, de raisonnement et d’acceptation. Cependant, les études indiquent que peu d’enfants reçoivent une fessée dans ce type d’environnement émotionnel rationnel et chaleureux. Les punitions sont généralement administrées dans le feu de l’action, lorsque la colère est la plus forte influence émotionnelle. Les enfants ont tendance à percevoir les punitions corporelles administrées sous le coup de la colère comme un rejet de la part de la personne qui les inflige, généralement un parent ou une autre personne importante pour l’enfant. La force de cette perception est déterminée par la sévérité et la fréquence des punitions reçues. Plus les enfants se sentent rejetés, plus leur adaptation psychologique tend à être altérée. Le rejet perçu et les punitions physiques ont chacun un effet négatif sur le développement émotionnel et psychologique de l’enfant. Ensemble, ces effets sont aggravés. Les châtiments corporels sont généralement dictés par le niveau de frustration d’un adulte, plutôt que par le mauvais comportement de l’enfant. La plupart des châtiments corporels sont imposés aux enfants pour leur « donner une leçon », et sont généralement infligés en réponse à une mauvaise conduite perçue. Ces punitions donnent effectivement des leçons « mais pas celles qui sont prévues ». Les châtiments corporels apprennent aux enfants à considérer les conséquences de leurs actions en termes de ce qui leur « vaudra » ou non une punition. On n’apprend généralement pas aux enfants à tenir compte des autres ou des conséquences de leurs actes sur les autres. Il s’agit d’une moralité superficielle, fondée sur la probabilité de se faire prendre. Il n’y a pas de développement du jugement moral ou de la maîtrise de soi. Lorsque les enfants sont punis physiquement par les adultes, on leur montre qu’il n’est pas nécessaire de tenir compte du bien-être des autres. Cette modélisation de la violence peut être l’effet le plus dommageable de tous.

Conséquences naturelles contre conséquences artificielles
Les conséquences d’un enfant qui reste debout après l’heure du coucher peuvent être de ne pas pouvoir se lever à l’heure le lendemain, d’être fatigué et grincheux, et/ou de manquer le bus scolaire. La conséquence naturelle est ce qui se produit sans l’intervention d’un adulte. Lorsqu’on aide les enfants à reconnaître les conséquences naturelles de leurs actions, ils peuvent apprendre à prédire ces conséquences et à développer leur propre jugement basé sur des situations réelles. Une punition est une conséquence imposée artificiellement. Lorsqu’un parent intervient en imposant des conséquences artificielles, comme une punition pour avoir veillé tard, l’enfant apprend à prévoir et à planifier la punition. L’enfant apprend à se concentrer sur la façon de ne pas se faire prendre, plutôt que sur la façon de ne pas être fatigué le lendemain. Le résultat global est plus susceptible d’être un enfant qui se concentre sur les règles et la façon de les contourner, plutôt que sur les raisons derrière les règles.

Punition ou protection
L’utilisation de la force avec les enfants n’est pas toujours un châtiment corporel. Il y a des moments où un adulte doit empêcher une conséquence négative et naturelle de se produire. Bien que les enfants apprennent en subissant les conséquences naturelles de leurs actes, il arrive parfois, par exemple lorsqu’un enfant court dans la rue ou est sur le point de toucher un poêle chaud, que le prix de la leçon soit trop élevé pour être payé. Empêcher les enfants de se battre entre également dans cette catégorie. La contention permet d’éviter des blessures potentiellement graves. La contention physique pour empêcher quelque chose de se produire peut être une force, mais ce n’est pas un châtiment corporel. La contention précède et empêche un comportement indésirable ou dangereux. La contention devient un châtiment corporel lorsqu’elle dépasse le degré de force nécessaire à la contention. Donner une fessée à un enfant procure une décharge émotionnelle à la personne qui l’administre, mais cela se fait au détriment du bien-être de l’enfant. L’arrêt temporaire de l’activité indésirable et la libération émotionnelle pour le punisseur sont tout ce qu’on peut dire du châtiment corporel.

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